La géothermie a mauvaise presse : trop chère, trop lourde, réservée aux grands terrains. C’est vrai dans la plupart des régions. Ce n’est pas vrai en Alsace, et pour une raison de géologie.
Sous la plaine s’étend l’une des plus grandes réserves d’eau souterraine d’Europe. Là où elle est accessible, elle permet une pompe à chaleur eau/eau, la plus performante des pompes à chaleur domestiques. Encore faut-il savoir si votre terrain s’y prête, et ce que la procédure implique.
Pourquoi la nappe change tout
Une pompe à chaleur ne fabrique pas de chaleur, elle en déplace. Son rendement dépend donc entièrement de la température de la source où elle puise.
Une pompe à chaleur air/eau puise dans l’air extérieur. En janvier, à Munster ou à Metzeral, cet air peut descendre très bas, et c’est précisément le moment où la maison réclame le plus de chaleur. Le rendement chute quand le besoin monte.
L’eau de la nappe, elle, reste autour d’une dizaine de degrés toute l’année, en janvier comme en juillet. Une pompe à chaleur eau/eau travaille donc dans des conditions stables, et son rendement ne s’effondre pas au cœur de l’hiver. C’est l’argument décisif, et il pèse d’autant plus lourd que les périodes de froid sont longues.
Boucle ouverte ou boucle fermée : deux techniques que l'on confond
La boucle ouverte, sur nappe
- Deux forages : un de pompage, un de réinjection. On emprunte l'eau, on lui prend quelques degrés, on la rend.
- C'est la configuration au meilleur rendement, parce qu'on puise directement à la source.
- Elle exige une nappe présente, accessible et de qualité suffisante.
- Point technique décisif : l'eau de nappe est chargée en fer et en manganèse. Sans échangeur adapté, l'encrassement arrive vite. C'est là que se joue la durabilité de l'installation.
La boucle fermée, sondes ou capteurs
- Un fluide circule en circuit fermé dans des sondes verticales ou des capteurs horizontaux enterrés. Aucun prélèvement d'eau.
- Réalisable presque partout, y compris là où la nappe est absente ou trop profonde.
- Les capteurs horizontaux demandent de la surface de terrain, les sondes verticales demandent un forage mais presque pas de surface.
- Rendement légèrement inférieur à la boucle ouverte, mais très supérieur à l'air en période de gel.
Ce qui décide de la faisabilité chez vous
La réponse ne se donne pas au téléphone. Six éléments la déterminent :
- La profondeur de la nappe à votre adresse, qui varie fortement d'une commune à l'autre entre la vallée et la plaine.
- Le débit disponible, qui doit couvrir le besoin de la maison sans épuiser le forage.
- La qualité de l'eau, et notamment sa teneur en fer et en manganèse.
- La place : deux forages suffisamment espacés, et un accès pour la machine de forage.
- La zone réglementaire. Une partie de la plaine est classée en zone orange ou rouge, ce qui change la procédure.
- Les périmètres de protection de captage d'eau potable, où le forage peut être interdit.
La carte des zones est publique et consultable sur geothermies.fr. C’est la première chose à regarder, avant même de faire chiffrer quoi que ce soit.
Les démarches, dans l'ordre
Elles n’ont rien d’insurmontable, mais elles se font avant les travaux, et dans le bon ordre :
- Vérifier la zone sur la carte de la géothermie de minime importance.
- En zone verte ou orange et dans le cadre de la géothermie de minime importance, déposer une télédéclaration sur le téléservice de l'État, geothermie.developpement-durable.gouv.fr, avant le début du chantier.
- Attendre le récépissé, puis le délai réglementaire, avant d'ouvrir le chantier. On ne fore pas le lendemain de la déclaration.
- Hors de ce cadre, ou en zone rouge, le projet sort de la simple déclaration et passe par une procédure d'autorisation.
- Un prélèvement sur nappe relève en plus de la police de l'eau : la direction départementale des territoires du Haut-Rhin est l'interlocuteur, et le débit prélevé conditionne la procédure.
- Le forage doit être confié à une entreprise qualifiée, et un rapport de fin de forage est transmis.
Bonne nouvelle pour les projets les plus simples : les corbeilles géothermiques et les capteurs horizontaux enterrés ne relèvent pas de cette télédéclaration. La démarche que vous redoutez ne concerne peut-être pas votre projet.
En pratique, la déclaration est presque toujours portée par l’entreprise de forage. Ce qu’il faut vérifier dans un devis, c’est qu’elle y figure.
Le rendement réel, et la durée de vie
Le rendement annoncé sur une fiche produit est mesuré dans des conditions normalisées. Ce qui compte chez vous, c’est le rendement saisonnier atteint avec votre température de départ. Une pompe à chaleur eau/eau alimentant un plancher chauffant à basse température n’a rien à voir avec la même machine poussée à 55 °C pour alimenter des radiateurs anciens.
Sur la durée de vie, la question revient souvent, et la réponse tient en une phrase : la partie enterrée est la plus durable de l’installation. Forages et sondes ne s’usent pratiquement pas. C’est la pompe à chaleur elle-même qui se remplace un jour, comme on remplace une chaudière, et c’est ce poste qu’il faut provisionner. Un investissement de géothermie ne se refait donc pas en entier au bout de quinze ans.
Quand la géothermie n'est pas la bonne réponse
Autant le dire franchement, cela évitera à certains une étude pour rien. La géothermie perd son intérêt dans quatre cas :
- Une maison récente et bien isolée avec un besoin de chauffage faible : le coût du forage ne se rattrape pas.
- Un terrain inaccessible à une machine de forage, ce qui arrive vite dans les centres anciens et sur les parcelles en pente.
- Une nappe absente ou trop profonde, et pas assez de terrain pour une boucle fermée.
- Un projet de revente à court terme : l'investissement se raisonne sur la durée d'occupation.
Dans ces situations, une pompe à chaleur air/eau bien dimensionnée fera un meilleur travail pour un budget très inférieur. Nous préférons vous le dire à l’étude qu’après le devis.
Ertlé & Fils, géothermie dans le Haut-Rhin
Installés à Munster depuis 1977, nous étudions et posons des pompes à chaleur géothermiques et eau/eau à Munster, dans la vallée, à Turckheim, à Colmar et dans les communes de la plaine.
- Pompe à chaleur géothermique et eau/eau : étude, forage et pose
- Plancher chauffant, l'émetteur qui donne à la géothermie son meilleur rendement
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Donnez-nous votre commune et la surface à chauffer : nous regardons la carte des zones et la profondeur probable de la nappe, et nous vous disons si une étude vaut la peine d’être lancée.
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